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Coulent les mots >

Samedi 25 novembre 2006


-oOo-

O Amédée ! En ton phare, haut tu es !

Tour d'ivoire étourdie d'espace !
Face au teint fardé de ciel et d'eau,
En ton lit de turquoise, de jade et d'or,
J'ai vogué vers ton trône ensablé où tu dors...

A ton sommet couronné d'amers alizés,
Tes lions à la langue asséchée se sont apaisés !
Mon esprit s'évade dans tes horizons lointains,
Vois ! Dans mes mains, le Caillou bleuté je détiens...

Tel un amiral, farouche et fier, tu te dresses !
Gardien séculaire, tu veilles sur ton radeau amarré !
Ta lumière vibrante guide l'errant sur ton île-maîtresse,
Aux lisières enluminées de soleil et d'embruns mordorés...

S.

-oOo-

Par Hi€rOglyph@nOnym€
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Lundi 27 novembre 2006


-oOo-

Hideux hurlements dans ma tête !
Furieuse est cette sourde souffrance
Je me noie dans son hostile substance...

Tels des métaux en fusion,
Les cris vrillent mon âme, inlassablement...
Que mon esprit s'évade, ami délirant !

L'Angoisse enserre mon coeur,
En ses serres me détient, captive !
Le mal en moi, douleur si vive...

En cette heure, l'heurt du mâle être !
Sournois est le silence, amère solitude
M'éloigner de ces malignes habitudes...

Blanches sont mes nuits, sombres sont mes jours,
Je ne sens que froides Ténèbres alentour !
Songes sans couleurs dans ce Pays sans Nom...

Impuissante je suis face à ces démons...

S.

-oOo-

Par Hi€rOglyph@nOnym€
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Vendredi 1 décembre 2006


-oOo-

Sommeil...
En douceur s'incline l'oeil
Sous le poids de la paupière
Les cils, sombre barrière,
Coulissent sur leur seuil...

Sommeil...
Languissant s'étire le corps
Sous l'étreinte d'un frisson
Un petit tour et il se fond,
Se perd, se noie dans le décor...

Sommeil...
Lumière occultée,
Ombre veloutée !
L'obscurité prend place,
Enlace les âmes lasses...

Sommeil...
Mondes oniriques,
Univers chimériques !
Songes d'une vie parallèle,
Que la réalité rend plus belle...

Me réveiller et m'éveiller...

S.

-oOo-

Par Hi€rOglyph@nOnym€
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Dimanche 10 décembre 2006


-oOo-

Quand vient le crépuscule,
La solitude dans sa bulle
M'enchaîne, faible maillon...

Un soupir et je ferme les yeux.
Alors sous les paupières closes
M'apparaît un monde merveilleux !

Une terre promise, magique,
Faite de teintes nostalgiques !
J'erre et je glisse ! Torpeur...

Visions colorées, clichés éclairs,
J'ai flashé ! Zoom sur toi...
Emois d'ombres et de lumières !

Souvenirs, nos corps entrelacés,
Dans l'obscurité, coeurs accordés !
Sous tes caresses, l'amour ivresse...

Soudain...

J'ai froid... je cherche tes doigts !
Main hâtive qui ne happe qu'un néant,
Hantise de ces draps désertés de toi...

S.

-oOo-

Par Hi€rOglyph@nOnym€
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Lundi 18 décembre 2006


-oOo-

Neuf heures... Dix heures !
Dis l'heure ! Tôt et tard...
Effleurées, les aiguilles se hérissent,
Sans dessus-dessous, les sens se trahissent...

Décalée dans un couloir du temps,
Reculée dans un coin de l'espace,
Je fais face aux autans qui passent
En attente tant du côté pile, je m'efface...

Debout à bout, mon voeu pieu tabou,
Est de fouler ton île, mon asile...
Mettre pied à terre, taire cet exil !
J'en bous de patience, un pas, c'est tout...

S.

-oOo-

Par Hi€rOglyph@nOnym€
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o.Sablier.o

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-oOo-

"...Les mots heurtent le front
comme l'eau le récif;
Ils fourmillent,
ouvrant dans notre esprit pensif
Des griffes ou des mains,
et quelques uns des ailes;
Comme en un âtre noir
errent des étincelles,
Rêveurs, tristes, joyeux,
amers, sinistres, doux,
Sombre peuple, les mots vont
et viennent en nous;
Les mots sont les passants
mystérieux de l'âme..."

Victor Hugo.
Les contemplations.

-oOo-

"...Mon esprit,
tu te meus avec agilité,
Et, comme un bon nageur
qui se pâme dans l’onde,
Tu sillonnes gaiement
l’immensité profonde
Avec une indicible
et mâle volupté.

Envole-toi bien loin
de ces miasmes morbides ;
Va te purifier dans l’air supérieur,
Et bois, comme une pure
et divine liqueur,
Le feu clair qui remplit
les espaces limpides..."

Charles Baudelaire.
Elévation.
Les Fleurs du Mal. Spleen et Idéal

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